07/07/2009

HISTOIRE 2 de la RUEE VERS L'OR à l'APARTHEID

 Histoire de   

l'Afrique du Sud,


deuxième  partie


De la ruée vers l’or à l’apartheid

 

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Depuis 1886,  après la ruée vers les diamants s’amorce celle de l’or. 


Ce sont deux enfants jouant un après midi de mai 1867qui avaient aperçu dans la poussière, un caillou plus brillant que les autres !

 

extraction de l'or compr


Les grands bénéficiaires ce sont d’abord les Boers du Transvaal. 


drapeaux TRANSVAAL
Drapeau du Transvaal


Très vite la  prépondérance britannique est symbolisée par l'émergence, à une cinquantaine de kilomètres de Pretoria, capitale du Transvaal, d'une ville nouvelle, née de cette ruée vers l'or, peuplée d'étrangers, surtout Britanniques, Allemands, … Johannesburg.   


 Les Afrikaners s’en méfient et les appellent avec mépris « les Uitlanders ».


Les découvertes de gisements de diamant en 1867 dans la région de Kimberlee, d'or près de  Johannesburg en 1886 augmentent la richesse ainsi que l'immigration et durcissent les conditions de vie des autochtones.

 

Les Britanniques annexent le Transvaal en 1877 déclenchant la première guerre anglo-boer en 1880-81, guerre qui se solde par le recouvrement de l'indépendance du Transvaal, présidé par le vénérable et légendaire Paul Kruger.

 

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L’armée des Boers pouvait présenter des commandos parfois de trois générations de fermiers.

 

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Dans cette guerre s’affrontent la stratégie et la technique britannique contre la mobilité boer.

Les Noirs sont tenus à l’écart.

La guerre des Boers sera une guerre d’un coût exorbitant.

 

Les scouts connaissent bien Baden Powel qui était  en Afrique du Sud à cette époque de la  guerre des Boers de 1899 à 1902.  Avec ses jeunes « éclaireurs » il rendra de grands services à son pays, l’Angleterre.

 

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Je compte présenter dans un blog spécial sur les figures marquantes dans l’histoire de  ce pays : un politicien, Nelson Mandela, prix Nobel de la paix, ensuite un militaire anglais, fondateur du scoutisme, Baden Powel, et enfin un évêque anglican, prix Nobel de la paix, Desmond Tutu.

 

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Nelson_Mandela


De  Mandela et Tutu il sera plus question dans le blog suivant numéro 3 de l'histoire d'Afrique du Sud.


Kruger Paul président
 
Paul Kruger 

 

En dépit de multiples victoires, les Boers ne peuvent résister bien longtemps et les républiques sont occupées dès l'été 1900.

 

Le commandement britannique fait placer les civils boers dans des camps de concentration et leurs serviteurs noirs dans d'autres où la malnutrition et les maladies - typhus, typhoïde, dysenterie - font des ravages .

 

Ils brûlent les fermes et les récoltes afin de couper les combattants de leurs bases et de leur retirer le support populaire dont ils bénéficient. C’est la politique de la terre brûlée.

 

Une génération entière d’Afrikaners, aura ainsi disparu de «sa terre promise ».


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Femmes et enfants boers en camp de concentration (vers 1900)


  Ravages des camps de concentration. Plus de 30 mille civils boers y laissent la vie.

 

 

Lizzie Van Zyl


 Ici Lizzie Van Zyl, enfant boer internée et morte dans le camp de concentration, britannique de Bloemfontein.

 

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Les Boers perdent leurs républiques et deviennent des sujets britanniques.


La trentaine de milliers de civils morts dans les fameux camps de concentration britanniques va alimenter pendant très longtemps la rancune, voire la haine, des Afrikaners (tels qu'ils sont désormais appelés) contre le Royaume-Uni.


De même qu’en Australie et au Canada, les Britanniques décident de créer un dominion unissant les colonies du Sud de l'Afrique en l'occurrence les colonies britanniques du Cap et du Natal avec les anciennes républiques Boers.


drapeaux NATAL
 drapeau du Natal

 

drapeaux ORANGE

drapeau de l'Etat d'Orange

 

drapeaux TRANSVAAL
Drapeau duTransvaal

 

carte Boerenrepublieken


Cela permet aux Afrikaners, c'est-à-dire aux Boers, de se réinsérer dans la vie politique et économique des territoires d'Afrique du Sud au sein d'une union créée et contrôlée par le Royaume-Uni.


Cette constitution de l'Union de l'Afrique du Sud du 31 mai 1910 permet ainsi aux Afrikaners de reprendre en main la réalité du pouvoir politique à l'échelle d'un grand pays composé de quatre provinces distinctes.


A l’époque, sur à peu près 3 millions et demi d'habitants, un million est d'origine européenne dont plus de deux tiers sont Afrikaners.


Les deux autres millions et demi sont représentés par les peuples noirs et une minorité indienne mobilisée dans une lutte non violente pour obtenir des droits notamment autour de la personnalité de Gandhi présent entre 1883 et 1915 en Afrique du Sud. (Voir mes blogs sur Durban)


Remarquons que la constitution de 1910 permet aux anciennes républiques boers d'appliquer un système électoral ségrégationniste, favorable aux Afrikaners au Transvaal et de l’Orange, alors que la colonie du Cap donne le droit de vote aux métis et aux Noirs.


Trois capitales :


La capitale administrative de l'Union est fixée à Pretoria. Nom donné à la ville en souvenir de Pretorius celui qui avait exterminé trois mille Zoulous au bord de la rivière Buffalo River rebaptisée la Blood River.


monument chariots bronze mémoire Blood River

 

 Ce monument symbolique afrikaner commémore cette bataille de triste mémoire par des chariots en bronze

 

 

 

Ladysmith Route des batailles  Michelin - 008

 

 


 Le siège du parlement est à Cape-Town.


Le siège de la cour suprême, capitale judiciaire, est à Bloemfontein, « Fontaine aux fleurs », ancienne capitale de l’Etat libre d’Orange, de 1854 à 1902. A 1400 m d’altitude, climat plutôt rude l’hiver, ville  historique fondée en 1846 par un major britannique. Ville très conservatrice durant l’apartheid.


.Bloemfontein

 

 

Bloemfontein_panorama


 L’anglais et le néerlandais sont les langues officielles du parlement.  Les Afrikaners, vaincus militairement, dominés économiquement par la minorité anglophone, s'attellent à la conquête du pouvoir politique.

 

Smalborg


Le tout premier Premier ministre élu en 1910 est le général afrikaner Louis Botha, leader du parti afrikaner Het Volk et héros de la guerre des Boers.

 

Botha Louis

 

  Louis Botha

 

Il symbolise alors le retour des Afrikaners au pouvoir.


Ce premier gouvernement, comme ceux qui suivent, est constitué par une alliance d'anglophones et d'Afrikaners modérés comme le général Jan Smuts.

 

Smuts JC


Il doit néanmoins affronter une opinion boer hostile au Royaume-Uni.

Dès le début il renforce les lois coloniales britanniques appliquées en fonction du code de couleur, le Color Bar, qui réglemente les relations interraciales, le travail indigène, puis la propriété foncière indigène limitée à 7,8 % du territoire les régions où les Noirs peuvent acquérir des terres.


En 1911 c’est la Native Labour Regulation Act, qui réglemente le travail indigène en instaurant un laissez-passer tandis que le Mines and Work institue les premières barrières raciales dans le travail.

Une élite noire sort des universités de Columbia, d’Oxford, …  tel Pixley SEME, inspiré par un confrère, l’Indien Mohandas Gandhi.


C'est pour protester contre cette loi de la Color Bar que se rendent en 1914 au Royaume-Uni des représentants du tout nouveau Congrès National Africain fondé un an plut tôt le 8 janvier 1912 à Bloemfontein pour organiser et unifier les différents peuples africains de l'Union afin de défendre leurs droits et leurs libertés.


La Première Guerre mondiale, avec l'engagement de l'Union au côté du Royaume-Uni, permet au dominion de conquérir de nouveaux territoires comme la colonie du Sud-Ouest Africain, allemande, en 1915.


Mais cet engagement au côté des Britanniques est dénoncé par les Afrikaners intransigeants, partisans des Allemands du Sud-Ouest Africain.


C'est à cette époque, en 1918, qu'une société secrète calviniste est fondée à Johannesburg. Le but de la Broederbond, la « Ligue des Frères », est la préservation et la promotion de l’identité afrikaner qu’elle soit politique, économique, sociale ou culturelle.


Cette franc-maçonnerie afrikaner devient finalement le moteur de la politique du pouvoir blanc et de tous les dirigeants politiques de cette époque. Cette vision est partagée par l’Église réformée hollandaise. Ce sera la moelle épinière d’un nationalisme afrikaner intransigeant. Elle rassemblera dès l’origine des pasteurs calvinistes, des employers des Chemins de Fer,  et recrutera un nombre croissant de policiers, instituteurs, professeurs, universitaires et politiciens


A la mort de Louis Botha en 1919, son successeur, Jan Smuts, entreprend une politique économique très libérale vis à vis des conglomérats miniers, ces derniers souhaitant avoir des coûts de production les plus bas possibles et donc une main d’œuvre à bon marché.


Il énonce le principe des « droits civils pour tous les peuples » « devenus civilisés » sans distinction de races. C’est dans ce « devenus civilisés » que résidera toute la nuance !


Smuts JC
  
Jan Smuts

 


En 1922 sévit une grève générale à l'instigation des mineurs afrikaners et du parti communiste.  


En 1923 c’est le Native Urban Areas Act qui sera la loi sur les régions urbaines indigènes introduisant ainsi la ségrégation résidentielle.


Cette époque voit la création d'un hymne officiel sud-africain « Die Stem van Suid Afrika » et d'un drapeau national adopté par le parlement en 1927, en remplacement du drapeau colonial aux couleurs britanniques.


James B. Hertzog - 1866-1942 - descendant d’immigrés allemands, développe une aversion pour les Britanniques et s’intéresse aux revendications du Transvaal.

 

Hertzog JBM


 Sa politique économique est marquée par une protection accrue des Afrikaners. Ce sont des années de prospérité pour les Afrikaners dont le niveau de vie augmente considérablement.


C’est lui qui imposera le bilinguisme, anglais – afrikaner, dans l’enseignement et donnera au pays un hymne national « Die Stem van Suid Afrika » ainsi qu’un drapeau national en 1927.


 Il sera partisan de la neutralité lors du déclenchement de la Seconde Guerre Mondiale.


Ne parvenant pas à convaincre ni son parti, ni le Parlement, il devra démissionner.

 

sinusioïde Fastgy


C’est en 1934 qu’une trentaine d’étudiants africains reçoivent une invitation pour se perfectionner dans les universités allemandes. Là ils voient Hitler à l’œuvre.


 L’un d’eux, fils d’un hollandais émigré, brillant docteur en psychologie, Hendrik Verwoerd, est subjugué  par l’idéologie hitlérienne : « sang – terre – race ». Concept de race supérieure !

Rentré au pays il l’appliquera de la manière la plus forte et cela durera jusqu’à la fin de l’apartheid !


 En fait il ramène à Daniel François Malan et ses amis du Broederbond, toutes les réponses aux interrogations pour la direction du pays.

 

MALAN Daniel_Francois_Malan


 Pour H. Verwoerd  coexistence ne signifie aucunement mixité, ni vivre à côté mais bien vivre SEPARES !


En 1944, les mouvements noirs ne restent pas inactifs, stimulés par l'action d'une jeune garde composée notamment de Nelson Mandela, clerc dans un cabinet immobilier de Johannesburg, Walter Sisulu et d'Oliver Tambo, professeur de mathématiques,  qui fondent la ligue de jeunesse de l'ANC.


 En 1947, l'ANC s'allie au Congrès indien afin de jeter les bases communes d'une formation unie en opposition au gouvernement.


Ce sera le blog  suivant qui s’intéressera plus spécialement de la période dure de l’apartheid jusqu’à l’Afrique du Sud actuelle.

 

 

En Construction2

 

 

16:24 Écrit par treve dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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