15/09/2007

LE KWAZULU - NATAL


Le KWAZUKU-NATAL
     

La toute grande province de l’Est de l’Afrique du Sud est le KWAZULU-NATAL.

 

Pourquoi ce double nom ?

 

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Je commence parle second : Natal.  C’est en effet un jour de Noël en 1498, que Vasco de Gama s’arrête à l’actuel Mossel Bay (tout au Sud à l’Est du Cap) et passant un peu plus au Nord baptise la terre « Natal » avant de continuer son périple. 

C’était dix ans auparavant que, en 1488, Bartolomeo Dias était passé par la pointe Sud et lui avait donné le nom de Cap de Bonne Espérance.  Précédemment ce cap était appelé « cap des tempêtes »

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Kwa ZULU – Natal, tout le monde a compris que ce nom est donné car les ZULUS sont la principale peuplade du Nord de cette région.

Ce sont eux que je me propose de faire un peu mieux connaître.

  
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Plus au Sud vivent les KHOÏSANS ; c’est le peuple de Nelson Mandela.

 

Au passage je vous signale que si vous voulez mieux comprendre l’Afrique du Sud, un livre très intéressant et agréable à lire est L’Alliance, de Michener, 2 tomes, livre de poche. Pour vous faire connaître ce peuple et vous en donner des photos valables je me réfère à une brochure achetée sur place Indaba mini-curio  Les Zoulous, Le patrimoine tribal, édité au Cap. En effet à l’occasion des photos que j’ai prises ci et là, je ne pouvais évidemment pas chaque fois demander aux gens de quelle ethnie ils étaient.  De plus, difficile d’imaginer tous les mélanges de population retrouvés en Afrique du Sud 

 

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L’origine des Zulus remonte jusqu’à au moins 900 ans.  Ils font partie les peuples NGUNI qui s’établirent le long de la côté Est, entre les monts du Drakensberg et l’Océan Indien.

 

Au début du 19 ième siècle quand les clans indépendants commencèrent à former des alliances, certains chefs, désireux de revendiquer leur souveraineté vis-à-vis d’autres chefs, exigèrent du bétail en marque d’hommage.  A cette époque, le clan des Zulus - vaguement traduit « le peuple du Paradis » - consistait en un groupe modique de quelque 1.700 hommes, femmes et enfants.  

 

Lorsque leur chef Senzagakoma, mourut en 1816, son troisième fils SHAKA, s’empara du pouvoir et en 12 ans parvint à devenir un des chefs les plus puissants de la région.  

Quand en 1828, Shaka fut assassiné par son frère Dingaan, il avait conquis et réuni sous sa bannière toute les tribus de la région.  Il avait créé un des phénomènes les plus remarquables de l’histoire de l’Afrique moderne : la nation zouloue. 

 

En 1879 les Zulus partirent en guerre contre les ANGLAIS.  Ils les défirent à la bataille d’Isandwana.  Mais furent défaits à leur tour à Ulundi, la capitale du Cetshwayo. 

 

En 1887, la région au Nord de la rivière Tugela, importante rivière de la région en direction de l’océan Indien, fut annexée par la Grande Bretagne et incorporée dans le Colonie du Natal 10 ans plus tard. 

 

 

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Les principes élémentaires et de nombreuses coutumes établis au temps de Shaka, constituent toujours les fondations de la société zouloue d’aujourd’hui.

 

Comptant près de 8 millions, les Zulus sont le groupe ethnique le plus important de l’Afrique du Sud.

 

 

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Chants et danses, jour et nuit, expriment tous leurs talents.  L’improvisation permet de refléter les disposions d’esprit du moment.  Tous les prétextes sont bons pour danser : fêtes, cérémonies et spectacles les plus divers.  Boire de la bière ensemble fait partie des fêtes, noces, funérailles, et autres fêtes traditionnelles. 

Les tam-tams sont, comme dans toute l’Afrique, les champions pour créer rythme et ambiance de circonstance   Ils permettent aux gens de mettre et exprimer toute leur vitalité. 

Hommes et femmes dansent séparément.  

 

 

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 Les Zulus sont avant tout un peuple guerrier, aux multiples épopées héroïques créées ou amplifiées par la légende.  Dès l’enfance les garçonnets imitent les grands et s’initient ainsi à l’art de combattre.  Nous retrouvons ici l’aspect compétitif des arts martiaux.  Dextérité, endurance, rigueur et discipline sont les maîtres mots.  

 

C’est d’ailleurs leur petit bouclier en peau de bœuf, aux fentes ornementales, tenu dans la main gauche, qui deviendra l’emblème de la région.  Lances et sagaies sont leurs armes redoutables, mais devenues ridicules face à l’artillerie britannique.  On comprend que les forgerons aient été des gens respectés et indispensables.

 

 La couleur de ces boucliers, en peau, leur permettait de se dissimuler dans le paysage.  C’était déjà le camouflage connu dans nos armées européennes

 

 

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Le statut des femmes est considéré comme inférieur à celui des hommes.  La femme doit montrer de l’égard non seulement envers son mari, mais  aussi pour son père et ses frères.  Un homme est respecté par ses épouses, ses filles et belles-filles. 

 

La femme n’a pas droit de propriété.  La polygamie est courante encore de nos jours. (rôle dans la propagation du SIDA qui mine ce pays !).  L’homme paie une dot sous forme de bétail.  Il peut prendre autant d’épouses qu’il peut se le permettre, celles-ci s’habillent souvent d’une manière uniforme.  Dans chaque ménage il y a une épouse en chef. La jeune épouse devra faire attention de ne pas éclipser les aînées.

 

Ce sont les femmes qui travaillent la terre, portent de lourds fardeaux sur la tête même pour de longues distances.  J’en ai vues mais c’est toujours délicat de photographier ces scènes.

 

 

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Le costume traditionnel varie d’un clan à l’autre, mais aussi suivant l’âge, le rang et le sexe.  Dans les villes cela se perd bien sûr mais heureusement ils conservent la tradition au moins pour les fêtes.

 

  Remarquez les coiffes complexes des femmes, fabriquées avec de la grosse laine, parfois entrelacée avec leurs cheveux, et le tout lié avec de la glaise.  Les femmes enceintes portent souvent un tablier de peau d’antilope, supposé rendre l’enfant agile.

 

 

 

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Perles, peaux et plumages ont les couleurs vives et diverses ; celles-ci ont une signification.

 

Bien sûrs les guerriers ont leurs accoutrements spéciaux, chacun suivant son groupe.

 

 

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Le culte des ancêtres est la religion traditionnelle des Zulus, des groupes chrétiens, voire des sectes diverses, existent surtout dans les campagnes.  Leur vie quotidienne est influencée par l’esprit de leurs ancêtres.  Pour s’assurer de leurs faveurs ils offrent des sacrifices.  Les ancêtres ne leur apparaissent que dans leurs rêves, seul un devin possède les pouvoirs pour communiquer avec eux. 

 

Un maître a dû  les initier à l’art de contacter les esprits comme source d’inspiration.  Ils peuvent dès lors déterminer les causes d’infortunes et de maladies.  Retrouver des  objets égarés, prédire l’avenir en jetant des os font aussi partie de leurs attributions. 

C’est une vocation où le nombre de femmes surpasse celui des hommes.

 

La conviction qu’ils sont les seuls capables de servir d’intermédiaires entre le peuple et les ancêtres leur donne beaucoup d’influence. 

 

Le devin travaille souvent de concert avec un herboriste ou guérisseur.  Ceux-ci ne se font payer que si le traitement a réussi.

  Rappelez-vous ou revisitez mon premier blog sur l’Afrique du Sud où je vous décris ma visite de leur principal haut lieu de prière, une caverne dans les Drakensbergs.   Tant de choses sont dites avec des perles : amour, âge, localité d’origine, …

 

L’usage des perles est entré dans la région avec les marchands blancs, souvent arabes, qui introduisirent les perles comme monnaie d’échange.

 

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En plus des perles, les tendances artistiques sont exprimées pour façonner de nombreux objets de la vie quotidienne, couteaux, hachettes, récipients, bols, peignes, cuillers, sagaies …  

 

Le tissage des herbes permet la fabrication de paniers et de tapis. 

 

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La terre glaise sert pour la poterie.  Les pots peuvent être décorés de manière très complexe.  Ils sont séchés au soleil et enfin cuits en les enfouissant dans les cendres chaudes autour d’un feu. 

Poteries et tissages se retrouvent d’ailleurs dans presque toute l’Afrique. 

 

Mais chaque peuple a son art  personnel.


 

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La famille, le clan, sont réglés par des lois et rites rigoureux  Les jeunes garçons gardent les troupeaux et s’intéressent ludiquement mais progressivement à l’art de la guerre, les filles s’initient au ménage.  C’est la tradition orale qui les initie à l’histoire de leur peuple.

 

Traite des vaches et affaires de bétail sont une tâche d’homme.

 

 

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Le foyer, n’est pas seulement une source de chaleur et de lumière, c’est toute la vie familiale qui pivote autour, à commencer par la préparation des aliments. La bière faite de sorgho par les femmes est très populaire  Personne ne s’étonnera que tant de choses se perdent dans les villes,

et se sont surtout perdues lors du régime de l’apartheid et des regroupements en ghettos.

 

Mais l’âme d’un peuple ne se détruit heureusement pas si facilement.

 Ces imags n'ont pas la qualité de celles des Ndebele ! J'ai hélas dû scanner et cela ne vaut pas la photo numérique prise personnellement !

 

Marie-José EVERT 

 

Je rappelle que cette présentation fait partie d’une suite qui, loin des parcs nationaux trop connus, essaie d’un peu mieux faire connaître l’Afrique du Sud.  

Vous avez ainsi :

0 1/2007 LA CAVERNE, principal des 4 lieux saints de la région.

02/2007 Le peuple SAN, ou bushmens, et ses peintures rupestres.

03/2007 Une parenthèse où est présentée une expérience de tulipes face à des antennes GSM.

05/2007 Les MIDLANDS « Vallée des mille collines »

06/2007 L’habitat coloré des NDEBELES.

 

 

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19:56 Écrit par treve dans Général | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

Commentaires

Merci. Contente que ces notes vous intéressent. De mon côté je suis heureuse de pouvoir partager ce que j'ai vu et connais. Dès que j'ai - bientôt - fini avec l'Afrique du Sud, je commencerai sur le lac Tanganyika que je connais pas mal : j'ai vécu à ses bords et je l'ai étudié en tant que scientifique, biologiste.
Ce blog est gratuit, par google cherchez Skynetblogs et suivez les instructions. Marie-José EVERT

Écrit par : Marie José EVERT | 17/05/2014

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